LALAN (XIE Jing-Lan dite, artiste chinoise, 1921-1995). - Lot 109

Lot 109
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Estimation :
50000 - 80000 EUR
LALAN (XIE Jing-Lan dite, artiste chinoise, 1921-1995). - Lot 109
LALAN (XIE Jing-Lan dite, artiste chinoise, 1921-1995). La danseuse - 1969. Huile sur toile, signée et datée au dos. Annotée «les mots muses» (?) sur le châssis, ledit châssis portant six cachets d'atelier. H_83 cm L_65 cm Dans un cadre baguette en bois naturel. Provenance : Collection privée du sud de la France. L'authenticité de l'œuvre a été confirmée par les Archives Lalan. Un certificat d'authenticité pourra être demandé par l'acquéreur. Notice : née en 1921 à Guiyang dans une famille cultivée et ouverte sur le monde, Xie Jing-Lan - qui adoptera plus tard le nom de Lalan - manifeste très tôt des dispositions exceptionnelles pour la musique et la danse. Formée dans un environnement mêlant traditions chinoises et influences occidentales, elle développe un esprit indépendant qui marquera toute sa trajectoire artistique. Sa rencontre, à l'adolescence, avec Zao Wou-Ki constitue un moment fondateur. Malgré l'opposition familiale, leur relation se poursuit et aboutit à un mariage en 1941, en pleine période troublée par la guerre sino-japonaise. Ce lien intime et artistique accompagnera les débuts de leur carrière et les conduira ensemble à Paris en 1948, au cœur de l'effervescence artistique de l'après-guerre. Installé dans le quartier de Montparnasse, le couple évolue rapidement dans un milieu d'avant-garde. Leur voisinage avec Alberto Giacometti, leurs échanges avec Henri Michaux - qui les introduit auprès de figures majeures telles que Hans Hartung, Maria Helena Vieira da Silva ou encore Jean-Paul Riopelle - inscrivent Xie Jing-Lan au cœur de la scène artistique internationale. Elle se lie également d'amitié avec le peintre Sanyu, dont elle fréquente assidûment l'atelier. Parallèlement, elle poursuit une formation musicale exigeante au Conservatoire de Paris auprès de compositeurs majeurs tels que Darius Milhaud et Olivier Messiaen. Son parcours s'enrichit encore de sa rencontre avec Edgard Varèse, pionnier de la musique électronique, qui influencera durablement ses recherches. Fascinée par la modernité chorégraphique de Martha Graham, elle explore également la danse contemporaine. Après son divorce avec Zao Wou-Ki en 1957, elle poursuit une trajectoire singulière, marquée par une liberté créatrice totale, et épouse Marcel Van Thienen. Avant de se consacrer à la peinture, Lalan a été danseuse, une expérience qui a profondément influencé son œuvre et qui se retranscrit pleinement dans notre œuvre de 1969. Nourrie d'une double culture, sa peinture s'inscrit dans le dialogue entre abstraction occidentale et pensée esthétique chinoise. Après une période de recherches marquée par l'influence des avant-gardes européennes, elle opère, dans les années 1960, un retour profond aux sources de la philosophie et de la peinture de paysage chinoises, développant un langage plastique d'une grande poésie, fait de rythmes, de souffles et de silences. Figure profondément interdisciplinaire, Xie Jing-Lan invente au début des années 1970 le concept de « Spectacle », fusion audacieuse de peinture, musique et danse, témoignant de sa volonté de dépasser les frontières entre les arts. Soutenue par les institutions culturelles françaises, elle déploie cette forme novatrice à travers de nombreuses performances. Jusqu'à la fin de sa vie, elle n'aura cessé de faire dialoguer les cultures et les disciplines, poursuivant une œuvre singulière, à la fois introspective et universelle. Son parcours, intimement lié à celui de Zao Wou-Ki tout en s'en distinguant profondément, s'inscrit comme l'une des expressions les plus originales du dialogue artistique entre la Chine et l'Occident au XXème siècle.
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