Joan MIRÓ (1893-1983). - Lot 145

Lot 145
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Estimation :
200000 - 400000 EUR
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Joan MIRÓ (1893-1983). - Lot 145
Joan MIRÓ (1893-1983). Composition - 3/XII/71 - dessin pour un garde-corps de balcon réalisé pour l'appartement parisien de Monsieur et Madame Aimé Maeght. Encre de Chine, collage de papiers de couleurs, mine de plomb et peinture blanche, sur un important rouleau de papier vergé. Datée en haut à droite, avec annotations de cercles numérotés à la mine de plomb, et inscription « Cercles n°1 à 5 couleurs gravées et imprimées sur le verso ». H_86 cm L_447 cm Un certificat d'authenticité de l'ADOM (Association pour la défense de l'œuvre de Joan Miró - Successió Miró) du 19 février 2026 sera remis à l'acquéreur. Provenance : ancienne collection Edmond Vernassa (1926-2010), plasticien de l'Ecole de Nice et industriel niçois (réputé pour son atelier de plasturgie spécialisé dans la confection de Plexiglas sous l'enseigne "Plexi Azur"). Nos trois dessins retrouvés de Joan Miró ont été conservés dans l'atelier de l'artiste, parmi ses œuvres et projets personnels. Vernassa a rencontré Miró au début des années 1970, en compagnie du couple Maeght, pour qui il travaillait et dessinait régulièrement. Cet important projet a été réalisé pour le garde-corps de balcon intérieur de l'appartement de Monsieur et Madame Aimé Maeght, situé avenue Elisée Reclus, dans le 7e arrondissement de Paris. Le couple Maeght aurait ainsi décidé de commander cette œuvre à Joan Miró et de la faire réaliser, en Plexiglas, par Edmond Vernassa. Cette provenance nous a été confirmée par Madame Ariane Lelong-Mainaud, co-auteure des Catalogues Raisonnés des peintures et dessins de Joan Miró et membre du comité de l'ADOM. Nous conservons plusieurs photographies d'Edmond Vernassa, en compagnie de Joan Miró, Aimé et Marguerite Maeght, au sein de son atelier Plexi Azur. Nous y apercevons Miró assis, occupé à dessiner, sous l'œil admiratif de Vernassa. Nous conservons encore de nombreuses photographies du couple Maeght en compagnie de Vernassa, et notamment au vernissage de l'exposition Vernassa, chez Jean Ferrero, place île de Beauté à Nice en 1974. Notice : Joan Miró rend régulièrement visite à Monsieur et Madame Aimé Maeght à Saint-Paul-de-Vence, la Fondation Maeght parfois évoquée comme "la maison de Miró" en France. Il accompagne le couple dans leur vie et leurs ambitieux projets, fréquentant leur cercle - dont fait partie Edmond Vernassa. Nos monumentales fresques du 3/XII/71 sont d'abord des modèles, accrochés dans l'atelier de Vernassa, comme le racontent les trous de punaises visibles sur le pourtour, afin qu'il en dirige la réalisation en Plexiglas pour les Maeght. Ces fresques sont encore deux œuvres emblématiques de l'essence mirónienne : influence expressionniste, et fascination pour la calligraphie japonaise. L'artiste voyage au Japon en 1966, puis en 1970, réalisant notamment une décoration murale en faïence avec Josep Artigas pour l'Exposition Internationale d'Osaka en 1970. Il déclare cette même année : « J'étais fasciné par le travail des calligraphes japonais et cela a définitivement influencé mes méthodes de travail. Je travaille de plus en plus en état de transe, je dirais presque toujours en transe ces jours-ci. Et je considère mon travail de plus en plus gestuel ». Les deux techniques mixtes du 3/XII/71 sont faites d'énergie et de liberté gestuelle, où le pinceau domine et traverse un fond blanc panoramique, avec quelques contrepoints de couleur apportés par les collages. Le pinceau court notamment sur plus de trois mètres en une ligne horizontale, tel un fil de l'unité des signes que l'artiste a tracés sur l'œuvre. Nous pouvons voir ce projet comme un exercice calligraphique, témoignage de la découverte du Japon, associée à plusieurs motifs récurrents du langage pictural de Miró et quelques symboles de son imaginaire. « Pour moi, conquérir ma liberté, c'est conquérir la simplicité. À la limite, une ligne, une couleur suffisent à faire le tableau. ». La liberté de la matière - quant à elle - est entravée par l'artiste dans ces dessins de 1971, et on aperçoit plusieurs coulées d'encre volontairement masquées à la peinture blanche. Miró joue souvent avec les coulures et le hasard, parfois au cours de pauses contemplatives, mais il choisit ici de les masquer pour aboutir à un projet final maîtrisé et retenu. Ces deux importants dessins du 3/XII/71 traduisent l'épuration des éléments qui caractérise nombre de créations de la dernière période de Joan Miró, et une réduction du motif qui parviendra à son apogée en 1973 avec des œuvres telles que La Danse du Coquelicot (conservée au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía, Madrid), où la ligne d'encre et les points de couleur vive racontent la réduction à l'essentiel de la poésie mirónienne. Miró réalise pour ses amis et mécènes visionnaires Aimé et Marguerite Maeght, deux œuvres intimes qui, au-delà de leur fonction pre
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